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Le Japon

Quelles sont les images qu'évoque aujourd'hui le Japon? Mis à part la terrible crise économique qui sévissait en Extrême Orient, plusieurs associations viennent à l'esprit. Certains parleront de technologie de pointe, d'autres de l'empire financier japonais de par le monde. D'autres iront jusqu'à dire que les japonais n'ont fait qu'imiter. Ce serait vrai dans les deux premiers exemples, mais totalement faux pour le troisième. Car si le Japon a emprunté en premier (et non imité) de son voisin la Chine, puis ensuite des Européens le siècle dernier et des Etats-Unis après la deuxième guerre mondiale; ce pays insulaire a toujours su innover et adapter les emprunts à son propre environnement.

Ce qui différencie le Japon des autres pays est cette conscience d'unité nationale et d'unicité acquises bien avant aucun autre pays à travers l'histoire des civilisations. De par son isolement géographique, de part l'accidentellement de ses terres arables et leur rareté; de par la fragilité de son sol constamment secoué de secousses telluriques; son amour pour la nature et sa communion avec cette dernière; son indépendance férocement défendue; ce géant d'aujourd'hui mériterait une plus grande attention et une meilleure compréhension de ce que certains aiment appeler: la culture aux paravents.

Cette conscience d'unicité est due au fait que les iles Nippones ont depuis plus de quinze siècles été dominées par le même groupe ethnique. Des populations originaires du continent asiatique se sont installées sur l'archipel depuis la période paléolithique. Les Ainu, un autre groupe ethnique protocaucasien, sont cependant les premiers habitants du Japon. Leur nombre est plutot restreint aujourd'hui (estimés de 15000 a 18000 et seulement à peu près 300 de pure souche) et les fouilles archéologiques suggèrent que leur présence sur l'archipel remonte à 5000 ans avant l'ère chrétienne. Les ancêtres des Japonais, une fois installés, semblaient déjà à l'époque connaitre l'usage du tissage et les secrets de la culture du riz. Vers le quatrième et le troisième siècle A.J. , les populations commencèrent à s'armer et se diviser en clans ou "uji". A coup de conquêtes, un clan originaire de la plaine du Yamato prétendant descendre d'Amaresatu, la déesse-Soleil, répand son culte à travers le pays et solidifie ses assises sur le pays, sauf au Nord toujours peuplé par les Ainu, ainsi que sur certaines régions de la Corée du Sud. Le clan du Yamato donnera aussi naissance à la plus vieille dynastie régnante sur terre. C'est en 660 avant J.C. Que Jimmu considéré comme descendant d'Amaresatu commence son règne (sur le modèle de la cour Chinoise avancent les historiens, les liens que le Japon entretient avec la Chine datent de 57 avant J.C. des documents chinois indiquent en effet l'arrivée d'une délégation Nippone à la cour des Han). Bientôt d'autres "uji" voudront usurper le pouvoir, parmi les premiers sont les Soga qui deviendront tres proches du pouvoir décisionnel par le biais de mariages avec la famille impériale. Les Soga réussiront à introduire le Bouddhisme en 552. Un peu plus avant aux alentours de l'an 405, les idéogrammes chinois furent introduits sur l'archipel et furent utilisés malgré la différence phonétique entre les deux langues et tout traité officiel fut malheureusement écrit en langue chinoise. En 552 le Bouddhisme, introduit par les Sago, est adopté officiellement par la cour. La religion servira de support à l'infiltration de la culture chinoise. Ceci n'est pas sans déplaire aux clans profondément attachés au Shinto, s'ensuivra une guerre civile dont les Soga probouddhistes sortiront vainqueurs faisant ainsi du Japon une réplique de la Chine impériale.

En 604, le prince Shotoku promulguait une constitution basée sur le modèle chinois, introduisant ainsi la noblesse et donnant ainsi à l'empereur le pouvoir suprême. Trois ans plus tard (607), Shotoku enverra une délégation pour mieux connaitre la culture Chnoise. Les réformes Taika (645) font du Japon une réplique réduite de l'empire Chinois. A la meme date, un "coup d'état" déstabilise le clan Soga en faveur des Fujiwara, encore une fois les alliances avec le palais se feront par le biais des mariages des filles Fujiwara aux princes de la famille impériale. Ce clan gouvernera le pays pendant à peu près 500 ans. Deux siècles, durant lesquels le Japon ne cessera de ressembler à son voisin Chinois, un gouvernement central et une cour de plus en plus cultivée; les plus les moins farouches des clans abondonnent leurs habits guerriers pour adopter le caftan chinois. Les palais s'inspirent de ceux de Chine. Les documents sont rédigés en idéogrammes chinois et le Bouddhisme connait son apogée.

En 710, les constructions de la première capitale Nara sont complétées. Le Kojiki ,premier écrit sur l'histoire de l'empire, est écrit en 712, suivra la compilation du Nihon Shoki en 720. 794, la cour déménage à nouveau à Heian (Kyoto), les arts et la culture connaissent un essor fulgurant sous l'égide du clan Fujiwara. 848, la dernière grande délégation part pour la Chine où les T'ang règnent. Entre 900 et 1000 le système phonétique kana se dévoloppe donnant ainsi libre cours à la prose et lui permettant de connaître un fulgurant essor. Dix ans plus tard (1010) Dame Murasaki Shibiku produit le premier roman connu jusqu'à date, Gengi monogatari.

La sacralité de la famille régnante n'est jamais mise en cause, mais cela n'empêche pas les seigneurs féodaux et les nobles de gouverner au nom de l'empereur.Le gouvernement central inspiré du voisin chinois s'affaiblit notamment à cause des Fujiwara, d'autres nobles et des nombreux monastère bouddhistes (très grands propriétaires terriens) qui ne paient pas de redevances à l'état. Dans le sillage, les chargés de pouvoir des nobles et des propriétaires terriens se trouvent de facto commander les régions rurales. A ces grandes proriétés étaient employés des guerriers protégeant les campagnes des brigands. Les "bushi", plus tard appelés les samouraï ne reconnaissaient que l'autorité de leurs chefs militaires et ignoraient même celles des nobles de la cour.

1156 annonçait l'éclipse du pouvoir des Fujiwara lorsque deux factions du palais s'opposaient quant au choix du nouvel empeureur. Une faction eut recours aux Minamoto (grands seigneurs féodaux de l'Est de Honshu) et l'autre au clan des Taira (ouest de Honshu). S'ensuivit un conflit armé qui dura quatre années détruisiant la ville, les palais et tuant nombre de leurs habitants. Le grand gagnant fut le chef du clan Taira, Kiyomori. Mais l'incapacité de Kiyomori à créer une nouvelle forme de gouvernement aliéna les guerriers qui l'avaient porté au pouvoir. Cet échec donna la chance au clan des Minamoto de s'emparer du pouvoir en organisant une révolte sous l'égide de Yorimoto. Une autre guerre qui dura cinq années, où le centre de Honshu fut assujetti, puis les Taira furent chassés de Kyoto avant d'être vaincus lors d'une bataille navale dans la mer intérieure. L'innovation de Yorimoto fut de marquer son indépendance vis à vis du palais, mais d'instaurer une sorte de gouvernement parallèle dans le village de Kamakura (une banlieue de Tokyo aujourd'hui). Cette forme de gouvernement durera 700 ans et fut appelée le Shogunat et Yorimoto le premier Shogun ou Général de l'Empereur. Ce dernier continua à régner dans une cour restreinte, mais ce sont les Shogun qui devinrent réellement les vrais détenteurs du pouvoir. Mais ils ne remirent jamais en cause l'autorité du Tenno.

Durant les débuts de la période Kamakura (1185-1333), les Shogun nommèrent des militaires pour gouverner les provinces de l'archipel. Sous la gouverne de ces derniers se trouvaient des hommes administrant les grandes propriétés terriennes qui étaient à leurs tours obéis par des bandes de guerriers. Il va sans dire que ce genre de gouvernement était dictatorial et régissait tout aspect de la vie japonaise, mais a aussi donné aux populations un sentiment d'appartenance et d'homogéneité à une époque où l'Europe n'était qu'un ensemble incohérent de petites principautés. Le Shôgunat a lui aussi subit des changement au fil des siècles, les shogun devirent comme l'empereur une simple image et les décisions se prirent en conciliabule. Trait qui a beaucoup marqué la prise décisionnelle japonaise et qui persiste jusqu'à nos jours en politique et dans le commerce. 1268, Kublaï Khan, petit fils de Genghis Khan, envoie un émissaire au Japon leur sommant de se soummettre à son pouvoir. Les Mongols avaient déjà assujetti des contrées s'étendant de la mer Adriatique à la Corée. Novembre 1274, 25000 hommes amarrent sur les côtes ouest de Kyushu. Les guerriers japonais non impressionnés par la nombre et les armes chargèrent. Seule la menace d'une tempête força les Mongols à se retirer. Mais cela n'empêcha pas les Mongols de revenir à la charge, car la défiance dont avait fait preuve les Japonais ne pouvait pouvait ébranler Kublaï Khan dont le régime reposait sur la terreur. Ainsi, il renvoya des émissaires sommant encore une fois "le roi du Japon" à aller lui préter allégeance à Pékin. La réponse des Kamakura fut cinglante, ils décapitèrent les envoyés de Kublaï. Et dans un élan d'unité nationale, les Japonais se préparent à défendre leur pays et leur indépendance. En juin 1281, les Mongols envahissent à nouveau l'archipel avec un nombre impressionnant de 150 000 hommes. Cinquante jours de bataille qui finirent avec l'aide d'un thyhon. Ce geste bénéfique de la nature sera une fois de plus récupéré afin de prouver que le Japon était bien protégé des dieux et entre autre du "Kamikaze" le vent divin. Cette victoire militaire rajouta de la gloire aux militaires eux-mêmes et quelques années plus tard, ces mêmes guerriers révoltés par la maigre récompense du gouvernement et l'empereur Godaigo se rebelle contre le shogunat des Kamakura qui sera destitué.

Suivirent une sorte de shogunat affaibli et une anarchie embrasant le pays ce qui eut pour effet de fragmenter le pays. Les navigateurs Portugais seront les premiers Européens à entrer au Japon vers 1542, quelques années plus tard, Saint François Xavier sera le premier missionnaire chrétien sur l'archipel.
Un jeune Daimyo du nom d'Oba Nobunaga fit les premiers pas vers la réunification du pays et s'empare de Kyoto en 1568. Lorsque ce dernier est assassiné, Toyotomi Hideyoshi prend le pouvoir et quelques années plus tard met hors du pays les missionnaires chrétiens. Son successeur Iesasu Tokugawa commence une politique d'isolement et instaure un système féodal à Edo (Tokyo). Ce règne durera jusqu'en 1867. En 1639, tous les étrangers des sont mis en dehors du pays à l'exception, à l'exception des Hollandais.

Il faudra attendre 1853 pour qu'apparaissent des signes de changement. Cette date n'est pas sans signification, car elle marque l'arrivée de navires militaires américains sous la direction du commandant Matthew C. Perry, mais aussi et surtout la signature de traités avec les USA, la Russie et la Grande Bretagne. Le Japon était sommé de prêter main forte aux Américains et ouvrir ses ports à leur flotte navale. Le Shogunat dut aussi accepter que les marins américains ne puissent être jugés que par des lois américaines et dans leur consulat et accorda le même droit aux autres nations occidentales. C'en était trop pour les daimyo et samouraï qui voyaient là une atteinte à la fierté nippone. Les Sutsuma décidèrent de construire leurs propres navires et des jeunes samuraï décidèrent d'implanter leurs propres armées formées de samuraï et de paysans. !866 fut le coup de grâce attribué au Shogunat des Kamakura, ces derniers ayant envoyé mater les Satsuma lorsque ces derniers les vainquirent. Le 3 janvier 1863 les samuraï de Choshu et Satsuma avec le ralliement de nobles s'emparent du pouvoir à Kyoto et nomment empeureur le jeune prince Mutsuhito. En son nom, fut aboli le Shogunat et annoncée la restauration de l'empire. Cette époque fut surnomme "le pouvoir éclairé", Meiji. S'ensuivit une réorganisation où disparurent les domaines féodaux où fut aboli le système des classes. Cela ne s'arrêta pas là, une grande délégation partit pour l'occident (tout comme leurs ancêtres prirent la route de la Chine quelques 12 siècles plus tôt). Ils furent impressionnés par le modèle de Bismark et l'industrialisation de la Grande Bretagne et des Etats Unis d'Amérique. Cela ne prit que quelques années pour le Japon établir les bases d'une économie "moderne" avec toutes les infrastructures nécessaires à son bon fonctionnement. Un nouveau code de loi, des ports mieux équipés, un système télégraphique, l'école primaire obligatoire. Mais, pas l'ombre de la démocratie ne semblait poindre. La personne de l'Empereur devint un culte national. En promulguant une constitution, cela limita considérablement le pouvoir de la Diète (parlement) et installa une forme de pouvoir bicaméral tout en ne donnant le droit de vote qu'à seulement 1% de la population. Cependant, un bloc anti-gouvernement fut quand même élu à la Diète donnant à cette instance une plus grande influence sur les décisions de cabinet. Mais cet espoir à la démocratie perdit du terrain lorsque le Japon commença sa politique d'invasion sur les terres du continent et des iles avoisinantes. Ce sentiment de fierté n'était pas nouveau car en 1905, le Japon réussit à vaincre la Russie, ce qui était une surprise pour le monde occidental. Comment un tel pays sortant à peine d'un isolationnisme qui dura des siècles pouvait en moins de vingt acquérir les secrets d'une guerre moderne. C'était tout simplement oublier la fierté des Japonais, mais aussi leur longue histoire de guerriers indépendants. Mais c'était aussi de mauvaise augure, car cela risquait de replonger le pays dans l'adoration des militaires, version plus contemporaine des samouraï donnant ainsi libre cours à ce qui devait entâcher une partie de l'histoire contemporaine de l'archipel Nippon. Les visées expansionnistes du Japon sur la Mandchurie se concrétisèrent lorsque de jeunes officiers japonais décidèrent de saboter la ligne ferroviaire japonaise en Mandchurie imputant ainsi l'attentat aux Chinois et ce sans l'accord officiel gouvernement civil.

La majorité de la nation acclama la conquête militaire. C'était le premier pas dans cette période noire qui précéda la folie meurtrière de la seconde Guerre Mondiale. A l'intérieur du pays, une vague d'attentats contre des personnalités politiques éliminant tous ceux qui voyaient d'un mauvais oeil la puissance arrogante de l'armée. En 1940, l'Armée Impériale envahit la Chine et une partie de l'Indochine française. Les grandes puissances Alliées inquiétées par l'expanssionnisme Japonais imposent un embargo pétrolier au Japon. Les exigences des Alliés furent prises comme un affront et en septembre 1941 décide de préparer la guerre contre les Etats-Unis d'Amérique. Ce qui s'ensuivit est malheureusement connu de tous. L'empeureur descendant de la déesse-Soleil Amaresatu déclara la défaite du Japon et accepta l'occupation américaine sur ce sol jamais conquis par l'ennemi. Malgré cette défaite cinglante, malgré un pays mutilé par les horreurs de la guerre, les japonais ont su se relever, bâtir ensemble un pays, une des industries synonyme de qualité, toujours dans ce même souci d'homogénéité, le sentiment d'unicité et la dévotion à la collectivité et au groupe.

Car si les éprouvent une profonde admiration et de dévotion à ce qui est parfait est perfectible, il n'en demeure pas moins qu'ils sont de loin un des peuples qui chérit le plus la nature. De par sa position géographique le Japon connait les deux extrêmes climatiques. Si le nord de l'île de Hokkaïdo est à la même latitude que Bordeaux en France, Tokyo se situe au alentours de Gibraltar et l'extrémité de Kyushu serait situé au sud du Maroc, ceci pour parler des contrastes de températures d'un extrême à l'autre du pays. Des montagnes traversent les quatres îles principales, le mont Fuji est là pour témoigner du terrain montagneux Japonais. Les terres cultivables, elles, ne dépassent 16% de la superficie du pays et cet espace est de plus en plus réduit par le besoin de construire plus de banlieues. Mais cela n'empêche pas les agriculteurs japonais de produire près de 72% de la consommation nationale. La nature si magnifique est tout aussi dangeureuse, le Japon est secoué de près de mille tremblements de terre annuellement. Ceci étant du au frottement des plaques tectoniques et produisant aussi des irruptions volcaniques. Et comme si tout ne s'arrétait pas là, les typhons ou cyclones menacent toujours les côtes durant la fin de l'été ravageant souvent les cultures et parfois enlevant vies humaines sur leur passage. Des quelques 120 millions de Japonais, presque tous vivent dans les vallées et les terres des côtes. Et Tokyo est la ville la plus peuplée du pays tandis que Sapporo semble être la moins peuplée.

Hokkaido qui est l'île la plus récemment "colonisée" par crainte de voir la Russie durant le siècle dernier s'en emparer, mais aussi pour developper une agriculture rentable, est aussi le berceau des Ainu, peuple aborigène du Japon. De ces derniers, nul ne peut donner leur lieu de destination d'origine, mais tout le monde s'accorde à les reconnaître comme les premiers habitants du Japon. Le physique des quelques Ainus qui vivent encore sur l'île sont atypiques des Japonais ce qui porte à croire qu'ils appartiennent à la branche caucasienne de par leur yeux moins ronds et leur système pileux beaucoup plus développé que celui des Asiatiques (juste une parenthèse, au Maroc certains Berbères du Souss au sud du pays présentent des traits asiatiques et leur système pileux est comparable à celui des asiatiques, je ferme la parenthèse). Les Ainus ont connu l'assimilation par l'imposition du japonais comme langue enseignée à l'école, mais aussi en prenant des noms nippons. Aujourd'hui, leur langue et leur culture semblent disparaître à un rythme effarant vu leur nombre 15000 à 18000. Initiative intéressante, le Mouvement de libération Ainu entreprend d'écrire un récit épique nommé le Yukar. Toujours dans le même souffle d'affirmation et de revendication se trouve un autre "peuple" ou plutôt une caste à l'image des intouchables de l'Inde: les "eta" ou "burakuim". Cette caste ( a peu près 2 millions de personnes) probablement héritée et assimilée en même temps que la culture bouddhiste venue d'Inde via la Chine a été durant des années chargée des besognes tabous pour le reste de la majorité de la population. Les tâches leur étant attribuées sont: la boucherie, le travail du cuir ou maroquinerie et les fossoyeurs. Forcés tout commes les intouchables en Inde de vivre dans des quartiers séparés et discriminés quand il s'agit d'emplois et d'éducation. Je me souviens avoir lu un article sur un écrivain Japonais de renommée internationale fils de Burakuim, je ne me souviens malheureusement pas de son nom. Mais comment arriver à comprendre un peuple et sa culture sans avoir accès à cette grande culture qui parfois différencie bien des peuples et que l'on appelle communément la religion. Car cette dernière peut façonner notre vision de la vie, des arts et de nos rapports avec les autres. La culture serait-elle seulement les valeurs ou les croyances? Il faut selon mon humble avis prendre la culture comme un ensemble qui engloblerait: traditions, croyances, rituels, religion, mythes et légendes, le savoir, le concept de soi, les idéaux, le langage, les arts, le cérémonial, les manières de se comporter avec les autres etc....

Dans cette deuxième partie, il sera question des deux grandes religions qui ont façonné le Japon et son histoire tout autant que sa culture. L'une est native du pays, l'autre est importée d'Inde via le voisin Chinois, mais a été adaptée et même acceptée par les shintoïstes. Ces deux religions sont toutes deux pratiquées par beaucoup de Japonais en même temps, car elles se complètent. Si la première voue un culte aux Kamis et croit que les déités, les hommes et la nature ont tous les mêmes, que les hommes ont une mission sur terre à savoir matérialiser leurs idéaux et voeux tout en aimant ses enfants pour qu'ils puissent à leur tour réaliser les idéeaux de leurs ancêtres. Tandis que la deuxième est une discipline régissant les attitudes de l'homme sur le présent, mais si appliquées avec célérité peut mener à l'état de conscience suprême dont jouissent les yogis. Si l'on accepte le fait que le peuple Japonais est le descendant des Ainus, des asiatiques du continent et des îles asiatiques du sud, nous serions en mesure de mieux comprendre que ces différentes origines amalgamés ont laissé marqué la mythologie japonaise ainsi que sa religion nationale à savoir le Shintٍ.

Shintٍ est la lecture chinoise de deux idéogrammes signifiant vie des Dieux, la voie des Kamis, les esprits japonais très distincts des déités du Bouddhisme. Tٍ c'est à dire la voie Shin si lu séparément se lit Kami qui voudrait dire "élevé" ou "au dessus" ou pris comme "pouvoir étrange et mystérieux" (1). Une théorie relierait le terme Kami à "Mana" très répandu dans le pacifique comme une force surnaturelle majestueuse (2) ressentie par un stimulis émotionnel plutôt que comprise par l'intellect. Mais Bownas avance aussi la théorie d'une influence nordique considérable et il commente en disant que Shintٍ devrait se situer entre ces deux théories tout en citant Motoori: "Anything whatsoever wich was outside of the ordinary, which possessed superior power, or which was awe-inspiring, was called Kami. Thus, Kami are of many kinds: some are noble, some base; some are strong, some weak; some are good; some bad". Ce qui reviendrait à dire que tout ce qui avait une particularité était investi du Kami de par sa particularité. Et le but des croyants est de prier et démontrer sa gratitude tout en assurant la continuité du caractère bénin des Kamis. Plusieurs de ces Kamis sont connus sous des vocables tel que un être extraordinaire ou spérieur. Sauf pour certains comme Amaresatu la déesse-Soleil ancêtre de la famille impériale, Susanoo le vent de l'été. Ainsi la création du monde, le ciel et la terre étaient soudés, puis une partie s'éleva et forma le ciel, l'autre partie forma la terre. Entre les deux, une masse se transforma en dieu Kunitokotachi no Mikoto. Six génération plus tard par une création spontanée vinrent Izanagi "le mâle invitant" et Izanami "la femelle invitante" et à partir de ce moment que l'on peut expliquer la création comme procréatrice puisque ces deux déités se marièrent. Mais Izanami mourut en donnant naissance au Feu. Izanagi la rejoignit dans le monde obscur et en la voyant sous la lumière, il fut dégouté par son état de putréfaction et s'enfuit en prenant prenant soin de se débarasser de toute matière polluante venue à son contact. En plongeant et se lavant dans la mer, il donna "naissance" à des déités et l'une d'entre elles fut créée lorsqu'il se lavait l'oeil gauche, il l'appela Amaterasu زmikami, la déesse-Soleil. Son oeil droit donna naissance à au dieu-Lune Tsukyiomo no Mikoto et son nez à Susanoo no Mikoto le dieu du vent asséchant de l'été. Ce rituel de purification est le pilier central des croyances Shintٍ, c'est en se purifiant que l'humain peut approcher les dieux, puisque ces derniers sont eux-même nées d'une purification.

Asma Regragui

 

(1) Shintٍ, G. Bownas, The Concise Encyclopedia of Living Faiths, p.348, Beacon Presse 1959.
(2) ibid


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